Quinzaine du commerce équitable 2006 : Examinons nos rapports marchands !

Quinzaine du commerce équitable 2006 : Examinons nos rapports marchands !
Les techniques marketing ont indéniablement réussi à assurer la notoriété de l'expression « commerce équitable » dans l'opinion. Mais elles ont transformé en quelques années une problématique politique en produit publicitaire, dont l'efficacité en terme d'améliorations concrètes des conditions de vie des producteurs du sud est discutable.

D'une action de sensibilisation, la quinzaine du commerce équitable est devenue au fil des années une quinzaine pour la promotion du prétendu label Max Havelaar. L'objectif de la Plate Forme du Commerce Equitable (PFCE) est aujourd'hui de faire adhérer l'opinion à une marque, d'en assurer la notoriété. En aucun cas d'inviter nos concitoyens à réfléchir sur leurs actes de consommation. Cette confusion entre action de sensibilisation et démarche commerciale contribue à développer aux yeux de l'opinion une vision manichéenne du monde, ou la promotion du bon produit « équitable »™ prend bien soin de ne pas remettre en cause l'idéologie consumériste [1], alors que ce sont précisément nos modes de développement qui sont en cause aujourd'hui. Cette situation est d'autant plus inquiétante que désormais cette propagande commerciale s'étend en milieu scolaire avec l'aide financière des collectivités locales. Les enfants, premières victimes d'un consumérisme effréné, sont une nouvelle fois la cible de marchands, d'autant plus dangereux qu'ils se parent de vertus. Il est donc urgent de les amener à réfléchir sur leurs actes de consommation.

Pour le gouvernement actuel, très sensible au poids de la grande distribution, le « commerce équitable » n'est qu'une cause humanitaire qui doit se restreindre à faciliter les conditions d'accès aux marchés à des producteurs « défavorisés » du sud. Selon l'accord de l'AFNOR, dont il faut rappeler qu'il fut imposé par le gouvernement sous la pression du ministère de la coopération soutenu par certains acteurs du commerce équitable en mal de reconnaissance institutionnelle et de subventions, en aucune manière, les groupes de producteurs ne peuvent examiner les conditions de commercialisation de leurs produits. Les industriels et les distributeurs qui transforment et/ou commercialisent ces produits « équitables » n'étant soumis à aucune obligation peuvent donc se permettre toutes formes d'abus.

La question d'un commerce équitable, ne repose pas sur l'intensification coûte que coûte des échanges marchands. Seul l'examen de ces échanges, est de nature à répondre aux enjeux d' une mondialisation qui permette aux peuples de vivre et travailler au pays en ayant la possibilité de (re)conquérir de nouvelles libertés et de nouveaux droits. Tel est l'enjeu d'une approche universelle du commerce équitable.

QMD

[1] Campagne Max Havelaar 2006 : « Pour un monde plus juste, faites vos courses »
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# Posté le dimanche 07 mai 2006 20:34

Naissance d'une Commission nationale du commerce équitable

L'association Max Havelaar France salue la naissance d'un cadre officiel, et souhaite que le développement des producteurs du Sud soit la priorité.


Le mercredi 3 mai, le gouvernement a annoncé la publication d'un décret* qui met en place une Commission nationale du commerce équitable. Celle-ci délivrera une reconnaissance officielle aux organisations apportant une garantie de commerce équitable.

Pas de nouveau label, mais une reconnaissance officielle

Ni norme, ni nouveau label sur les produits issus du commerce équitable, cette reconnaissance sera accordée aux organisations « qui veillent au respect des conditions du commerce équitable ». Elles devront avoir pour objectif « de permettre aux producteurs défavorisés des pays en développement d'améliorer leurs conditions de vie, et aux organisations de producteurs de renforcer leur capacité d'action et de négociation vis-à-vis des marchés et des pouvoirs publics. »

Afin de garantir une indépendance vis-à-vis du monde économique, les organisations reconnues ne seront donc pas des entreprises intervenant dans la production, la commercialisation et la distribution. Parmi leurs activités figureront « des actions d'information et de sensibilisation du public aux enjeux du commerce équitable ». Elles devront mettre en place des contrôles et permettre aux producteurs de s'organiser pour devenir plus autonomes.

Définir qui fait du commerce équitable et qui n'en fait pas en France

Ainsi, le décret s'appuie sur les conclusions des débats qui ont eu lieu à l'Afnor, et qui avaient débouché sur une reconnaissance des standards internationaux du commerce équitable. En effet, contrairement aux autres pays, la France avait éprouvé le besoin d'un cadre réglementaire officiel pour le commerce équitable. Selon Victor Ferreira, directeur de l'association Max Havelaar France, « Ce décret a le mérite de clarifier les choses alors que la valeur d'équité devient un argument marketing. Il y a des initiatives qui se prétendent du commerce équitable sans en respecter les critères internationaux. Ce cadre minimal leur empêchera d'afficher n'importe quoi. »

Des marges d'interprétation subsistent

Cependant, le décret, relativement succinct, laisse des marges d'interprétation. On attend la parution de la circulaire d'application. « Des entreprises peuvent encore mettre en place des labels fondés sur une démarche marketing plus qu'une démarche de développement pour les producteurs du Sud, s'inquiète Victor Ferreira. Elles pourront respecter le texte, mais pas l'esprit. »

La composition de la Commission pèsera donc pour beaucoup dans la balance. Parmi ses membres, on compte huit représentants du gouvernement, huit ONG et associations de commerce équitable, deux professionnels du secteur, deux associations de consommateurs, deux personnes qualifiées. « C'est de leur compétence et de leur représentativité que dépendra l'interprétation des critères, estime Victor Ferreira. Etudieront-ils les candidatures en fonction de réels objectifs de développement ? Nous resterons vigilants sur ce point. »

*Le décret complète l'article 60 de la loi sur les PME du 2 août 2005.


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# Posté le vendredi 05 mai 2006 20:36

Communiqué en réaction aux déclarations du ministre des PME, Renaud Dutreil sur le sujet du commerce équitable

Communiqué en réaction aux déclarations du ministre des PME, Renaud Dutreil sur le sujet du commerce équitable
La Confédération Paysanne, Minga et Breizh ha reizh, en réaction aux déclarations du ministre des PME, Renaud Dutreil sur le sujet du commerce équitable, revendiquent « un commerce équitable partout »

Alors que Renaud Dutreil, ministre des PME du commerce et de l'Artisanat a dévoilé mercredi 3 mai son dispositif de reconnaissance des acteurs du commerce équitable dans le prolongement de la loi du 2 août sur les PME , la Confédération Paysanne et les organisations de commerce équitable MINGA et BREIZH HA REIZH revendiquent le droit à un commerce équitable pour tous et partout.

Nous nous opposons en cela à l'esprit même de la loi du 2 août, qui réserve le commerce équitable aux seuls échanges « entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement ». Nos associations militent pour des prix rémunérateurs et des conditions de vie décentes tant pour les producteurs que leurs salariés, les transporteurs, les transformateurs et les commerçants pour les pays du Sud comme ici, en France et en Europe.

Nous dénonçons également la dégradation des conditions de production et d'échanges dans un monde soumis à la mondialisation et au démantèlement des outils de régulations des prix qui existaient et que les accords de l'Organisation Mondiale du Commerce détruisent chaque jour un peu plus.

Ainsi le commerce équitable ne doit pas être un gadget marketing de plus récupéré par les multinationales de l'industrie agroalimentaire et de la grande distribution prêtes à « labelliser « équitable » quelques paquets de café ou de thé au milieu de leur gamme de produits standard tandis que partout dans le monde les paysans et les petits producteurs disparaissent.

Nous lançons un appel à toutes les organisations pour rejoindre l'appel « un commerce équitable partout, changeons la loi » »

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# Posté le vendredi 05 mai 2006 20:29

Le commerce équitable à la croisée des chemins

Le commerce équitable à la croisée des chemins
En plein essor, le commerce équitable doit faire face à un choix décisif : accepter d'être "récupéré" par les enseignes de grande distribution, au risque qu'elles ne jouent pas le jeu et fassent un commerce équitable "au rabais", ou continuer de se développer petit à petit dans le milieu alternatif. Le débat divise les acteurs historiques, mais tous s'accordent sur un point : la nécessité de légiférer.

Le commerce équitable a connu un essor exponentiel ces dernières années. En 2000, 9 % des Français affirmaient connaître le commerce équitable, contre 74 % en 2005. Parmi eux, la moitié dit avoir acheté au moins un produit du commerce équitable dans l'année. Bien loin derrière les Suisses qui ont dépensé en moyenne 18 euros par an et par habitant en 2004 dans des produits issus du commerce équitable, la France connaît une évolution de ses habitudes de consommation et passe de 0,61 ¤ par an et par habitant en 2003 contre 1,13 ¤ en 2004. L'évolution du chiffre d'affaires des produits labellisés Max Havelaar confirme cette tendance, avec 120 millions d'euros en 2005, contre 18 millions en 2001.
Selon une enquête du Ministère des Affaires étrangères et de la Plateforme du commerce équitable (PFCE), 37 000 producteurs du Sud travailleraient en amont des filières équitables françaises. Les pays d'Amérique Latine et d'Asie réalisent la plus grande part des exportations, alors que l'Afrique est le parent pauvre. Mais la toute jeune filière du coton équitable pourrait permettre de rétablir la balance, en intégrant 28 000 producteurs du Mali, du Burkina, du Sénégal et du Cameroun entre 2005 et 2006. Le textile à base de coton équitable donne également un nouveau dynamisme au commerce équitable en France. Un an après l'ouverture de la filière, Max Havelaar répertorie 23 marques de textile engagées. Les produits sortent du cliché du vêtement ethnique pour rencontrer des designers occidentaux. Ce commerce équitable "moderne" intéresse un nombre croissant d'entrepreneurs soucieux de marier mode et éthique et attire l'½il du consommateur qui veut bien être responsable, mais souhaite rester tendance.

Mais c'est surtout la grande distribution qui a donné depuis 1998 une forte visibilité au commerce équitable. Carrefour, Monoprix, Leclerc... Les enseignes communiquent largement sur le commerce équitable pour faire valoir une démarche éthique et consacrent une (petite) part de leurs linéaires à ces produits. Ainsi en 2005 la moitié des ventes aux consommateurs s'est faite dans les 10 000 points de vente des enseignes. Pourtant, l'ouverture du commerce équitable à la grande distribution divise les acteurs historiques du secteur. Si Max Havelaar a fait le choix de placer ses produits labellisés dans les supermarchés, Artisans du Monde, fort d'un réseau de 160 points de vente, craint que les enseignes ne proposent un commerce équitable "au rabais". "La menace, c'est que des multinationales créent leurs propres labels sans passer par Max Havelaar," analyse Laurent Levard. "Elles pourraient alors mettre en concurrence les organismes labellisateurs, et choisir le moins-disant." Michel-Edouard Leclerc déclare vouloir imposer son enseigne comme leader du commerce équitable en France. Pour cela, il entend faire baisser le prix des produits issus du commerce équitable : "Le prix de la matière première représente 15 % du prix des produits du commerce équitable," calcule M. E. Leclerc. "En France, le commerce équitable est confidentiel et ne permet pas d'optimiser les coûts de transports. On peut également diminuer les coûts en baissant le nombre d'intermédiaires."

Malgré son attitude offensive, le PDG des centres Leclerc se défend de vouloir créer sa propre marque : "Nous n'avons pas intérêt à multiplier les labels. Les consommateurs connaissent Max Havelaar. Pourquoi chercher à flinguer un truc qui marche ?" Laurent Levard reste sceptique : "Nous demandons à Max Havelaar d'être très strict avec la grande distribution. Le commerce équitable n'est pas négociable. C'est pourquoi nous portons une attention particulière à la législation."
En effet, côté réglementation, du chemin reste à faire. Une première définition avait été donnée par l'article 60 de la loi sur les PME du 2 août 2005, mais elle reste très évasive. En janvier 2006, l'AFNOR publie l'Accord AC X50-340, un texte de référence qui définit "les trois principes du commerce équitable" : l'équilibre de la relation commerciale entre les partenaires ou co-contractants, l'accompagnement des producteurs et des organisations des producteurs engagés dans le commerce équitable, l'information et la sensibilisation du consommateur, du client, et plus globalement du public au commerce équitable. Mais l'appétit de la grande distribution rend ces consignes insuffisantes. C'est pourquoi un décret du 3 mai 2006 met en place une Commission nationale du commerce équitable, dans laquelle siègeront huit représentants du gouvernement, huit ONG et associations de commerce équitable, deux professionnels du secteur, deux associations de consommateurs, deux personnes qualifiées.

Victor Ferreira, directeur de l'association Max Havelaar France, se félicite de ce décret qui "a le mérite de clarifier les choses alors que la valeur d'équité devient un argument marketing. Il y a des initiatives qui se prétendent du commerce équitable sans en respecter les critères internationaux. Ce cadre minimal leur empêchera d'afficher n'importe quoi." Néanmoins, le décret laisse des marges d'interprétation : "Des entreprises peuvent encore mettre en place des labels fondés sur une démarche marketing plus qu'une démarche de développement pour les producteurs du Sud, s'inquiète Victor Ferreira. Elles pourront respecter le texte, mais pas l'esprit."

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# Posté le vendredi 05 mai 2006 20:23

Commerce équitable : la Quinzaine prend de l'ampleur

Commerce équitable : la Quinzaine prend de l'ampleur
Pour donner de l'unité à un microcosme souvent tiraillé par des désaccords idéologiques, la Plate-Forme du Commerce Equitable (PFCE) coordonne la Quinzaine du commerce équitable 2006 avec un slogan fédérateur : « Avancer ensemble ». Du 29 avril au 14 mai 2006, des centaines de dégustations, débats, jeux pédagogiques et autres événements médiatiques se succèderont dans toute la France. L'objectif ? Faire entrer l'acte d'achat responsable dans les habitudes des consommateurs.

Les professionnels à l'Usine

En préambule à cette sixième édition de la Quinzaine, la PFCE et la Compagnie du Commerce Équitable réunissent les acteurs de la filière les 27 et 28 avril 2006 pour le deuxième Forum National du Commerce Équitable à l'Usine, à la Plaine Saint-Denis (93). Pendant deux jours, débats et tables-rondes vont permettre aux 3000 professionnels attendus de mieux cerner les opportunités du commerce équitable (CE). "Ces dernières années, nous avons privilégié l'information, explique Nicolas Messio, de la Compagnie du Commerce Équitable. Désormais, il s'agit de trouver des solutions pour passer à l'action." Chacun peut être acteur à sa manière : comités d'entreprises, acteurs publics, porteurs de projets... Le forum entend leur donner les clés pour s'engager. D'autant que la réglementation devient plus claire : la norme AFNOR X230 sortie en début d'année 2006 pose un cadre de référence au commerce équitable. "C'est un nivellement par le bas, regrette Nicolas Messio. Mais ça a au moins le mérite d'exister."

Max Havelaar sort le grand jeu

Dès le samedi 29 avril, le commerce équitable regarde du côté des consommateurs. Pour Max Havelaar, il s'agit d'inclure l'achat responsable au c½ur des habitudes de consommation des Français. Une campagne de communication est prévue, avec pour mot d'ordre : « Pour un monde plus équitable, faites vos courses ». Si en 2005, les trois-quarts des Français avaient déjà entendu parler du commerce équitable, le label privilégie toujours l'aspect pédagogique. En partenariat avec le CIDEM (Civisme et démocratie), un bus sillonnera la France avec à son bord une exposition et des bornes interactives sur le commerce équitable. Dans les huit villes étapes, un quizz géant sera installé sur un plateau de 20 m2. Le public sera invité à répondre à des questions pour décrocher le "diplôme du consommateur équitable." Enfin, douze producteurs seront présents pour témoigner de l'impact du commerce équitable sur leurs conditions de travail et leur vie au sein de leurs communautés.

Artisans du monde veut donner goût au commerce équitable

Le réseau de magasins et sa centrale d'achat Solidar'Monde proposent des menus et des produits équitables dans plus de 160 salons de thé, cantines scolaires et restaurants répartis dans toute la France. Il s'agit d'inciter les consommateurs à apprécier les produits du commerce équitable pour leurs qualités gustatives, mais aussi sociales et environnementales. Les collectivités locales répondent présentes : la communauté d'agglomérations du Mans servira 10 000 repas équitables à la cuisine centrale du Mans et les élèves des écoles élémentaires de Morsang-sur-Orge auront droit à un déjeuner équitable. Pour Artisans du Monde, "le goût de l'équitable" est une formule délibérément non-injonctive : l'association espère ainsi provoquer une réflexion personnelle plutôt qu'un sentiment de culpabilité.

Également, le Collectif pour la promotion du commerce équitable en Alsace organise les 13 et 14 mai le 6ème Marché Européen du Commerce Équitable et de la Finance Solidaire à Strasbourg.

Et pour accompagner le développement du coton équitable et l'ouverture de la filière à des produits moins "ethniques" et plus "modernes", un Ethical Fashion Market se tiendra le 14 mai 2006 au Cabaret Sauvage à Paris. Au programme : défilés de mode et stands de designers de tous les pays, conférences débats et soirée festive.

Avec ses 2500 événements cette année (contre 200 en 2001), la Quinzaine prend de l'ampleur. "Mais 2006 risque de représenter un tournant, s'inquiète Charlotte Dudignac, à Artisans du Monde. Leclerc pourrait monter sa marque et faire concurrence aux marques du commerce équitable présentes en grande surface. Nous allons devoir nous montrer plus virulents."

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# Posté le vendredi 05 mai 2006 20:22