Frans Van der Hoff devient Docteur Honoris Causa

Frans Van der Hoff devient Docteur Honoris Causa
Co-fondateur de l'organisme et du label Max Havelaar, Frans Van der Hoff se verra décerner le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université Catholique de Louvain le 2 février prochain.

Rêver, mais les yeux grands ouverts : telle semble la première devise de Frans Van der Hoff. La seconde serait : protester, mais aussi proposer !

Forte personnalité, ce docteur en théologie et en économie politique vit depuis une trentaine d'années au Mexique. Prêtre-ouvrier vivant parmi les petits producteurs de café, Frans Van der Hoff est à l'origine d'une initiative les plus novatrices du monde économique : ouvrir les portes des fabricants et des circuits de distribution classiques au commerce équitable.


Né en 1939 au Pays-Bas, son parcours universitaire, entamé à l'Université de Nimègue, le conduit à s'engager dans les mouvements étudiants. Par la suite, il décroche un doctorat en économie politique ainsi qu'un doctorat en théologie en Allemagne. Prêtre-ouvrier au Chili, il quitte ce pays en 1973, à la suite du coup d'état du général Pinochet et s'installe au Mexique. En 1981, il fonde, avec des familles de caféiculteurs, l'Union des coopératives indigènes de la région de l'Isthme et en 1989, il crée, avec Nico Roozen, l'association et le label Max Havelaar. Leur but ? Proposer aux producteurs du Sud un prix équitable pour leurs produits et leur assurer des conditions de travail respectant leur dignité et l'environnement. Celui qui vit et travaille au sein d'une plantation de café dans l'état d'Oaxaca, au Mexique, n'est pas un doux rêveur. Il se veut très critique à l'égard des ONG et de la charité et connaît les lois du marché. Son objectif est de faire du commerce équitable une des tendances de ce marché, parce qu'il croit en la responsabilisation des consommateurs.

Le 2 février 2006, à l'occasion de sa fête patronale, l'Université Catholique de Louvain décernera le titre de Docteur honoris causa à Frans Van der Hoff, Luc Weber et Juan Guzmán.

Ses livres
« L'aventure du commerce équitable » Frans Van der Hoff et Nico Roozen, Lattès, 2002 « Nous ferons un monde équitable » Frans Van der Hoff, Flammarion, 2005.


Extrait
Dans son livre « Nous ferons un monde équitable » (Flammarion), Frans Van der Hoff se fonde sur son expérience de terrain pour décrire les grands principes du commerce équitable, à l'opposé de la charité : "le commerce équitable développe une économie efficace, mais aussi durable du point de vue social et écologique. Ces aspects sont pris en compte et intégrés dans les coûts, car des mesures de précaution sont devenues indispensables si l'on veut que l'humanité et les milieux naturels survivent et, partant, l'économie. Ce renversement de tendance doit devenir un objectif mondial et ne peut souffrir aucun délai : soit l'économie est durable, soit elle n'est plus viable à moyen terme. "
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 mars 2006 03:10

Court métrage about Fair Trade

Court métrage about Fair Trade
Pablo, mon père et moi produit par Kourtajme avec Vincent Cassel


Le caddy "Marakani"

Mange ta banane
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 13 novembre 2005 16:41

Raaport sur le commerce équitable

Raaport sur le commerce équitable
Rapport sur le commerce équitable

et le journal de l'actualité du commerce équitable...

source
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 13 novembre 2005 16:39

Commerce équitable : un enjeu de société. Un manifeste lance le débat

Plusieurs organisations veulent ouvrir un débat public sur le commerce équitable. Elles refusent notamment de réduire ce type d'échanges à une aide au tiers monde.


Le manifeste que nous publions est proposé par l'association Minga (*) « pour un développement économique du commerce équitable » et s'intitule : « Le commerce équitable n'est pas une marchandise : ouvrons le débat public ! » Plus d'une centaine d'organisations, d'élus et d'universitaires l'ont déjà signé, à la suite d'une réflexion menée depuis plusieurs mois au sein de Minga, dressant un état des lieux du commerce équitable, mais aussi dans les débats locaux. « On sent la nécessité d'un débat très large, public sur la question du commerce équitable, à un moment où il risque d'être enfermé dans des discussions entre experts. Ce débat doit être démocratique », souligne Michel Besson, l'un des membres de Minga. Pour lui, deux visions du commerce équitable dominent en France : « Une vision Nord-Sud, qui a tendance à réduire le commerce équitable à une nouvelle forme d'aide au tiers monde et aux producteurs. Et une autre, beaucoup plus globale, qui affirme son équité tout au long de la filière, pour tous les acteurs économiques au Nord comme au Sud, sans trahir le critère qui consiste à donner la priorité aux producteurs en situation de précarité. ». En Europe aussi, comme aux États-Unis, « il existe des producteurs en situation de précarité ou en train de disparaître pour des raisons de néolibéralisme et de rentabilité », ajoute Michel Besson, qui déplore que « les organisations existantes comme la Plate-Forme du commerce équitable ne lancent pas de débat sur ce sujet, même interne. » L'association Minga compte diffuser ce manifeste au niveau européen et a déjà organisé des réunions avec des coopératives italiennes, des structures espagnoles, allemandes, belges et suisses. « Le débat de fonds leur apparaît important sur la priorité du commerce équitable. Le texte a été traduit en espagnol et circule aussi chez les producteurs, par exemple en Colombie. Des organisations burkinabés l'ont aussi. » Compte tenu du rôle important joué par les multinationales de la distribution dans les opérations de marketing éthiques, ce débat est salutaire.


Le manifeste de l'association Minga


Engagés à différents titres pour plus d'équité dans les échanges commerciaux, nous contestons la prétention à incarner le « commerce équitable » de quelques acteurs qui, pour tenter d'augmenter leur volume de vente, traitent avec des multinationales de la transformation, de la distribution et de la restauration rapide (1) en les exonérant à bon compte de leurs responsabilités à l'égard de l'ensemble de leurs fournisseurs, salariés et clients.

Que ces acteurs, telle la marque Max Havelaar, croient ou feignent de croire qu'ils disposent du rapport de force nécessaire pour infléchir les pratiques de ces multinationales, c'est leur droit. Qu'ils veuillent préserver un petit secteur d'activité pour continuer d'écouler quelques produits qualifiés « d'équitables », on peut le comprendre.

Qu'ils focalisent leurs arguments sur les stéréotypes de « petits producteurs défavorisés du Sud » au mépris de la qualité de leurs produits, de leur travail et de leurs luttes, d'un côté, et de « consommateurs du Nord », de l'autre, qu'ils réduisent ainsi la question de l'équité dans les échanges économiques à une problématique de « marketing éthique », c'est très dommageable. Mais qu'ils prétendent être les seuls acteurs légitimes pour définir et normaliser le commerce équitable, c'est nier les autres pratiques et refuser le débat avec tous les acteurs de la société civile, ce qui est inadmissible.

Nous nous interrogeons sur le soutien moral et financier des pouvoirs publics (2) à une campagne de sensibilisation dont le message (« Achetez du café qui vous permette de dormir tranquille », encart publicitaire de la marque Max Havelaar France) suinte la vieille culture coloniale qui marque encore aujourd'hui nos imaginaires collectifs et notre rapport au monde : le rôle de l'État est-il de financer des opérations de « communication éthique » d'enseignes multinationales ?

Soit le commerce équitable est réduit délibérément à une des formes de la politique sociale du libéralisme, faisant prévaloir les oeuvres caritatives sur les droits sociaux, soit il est au contraire un véritable enjeu de société. On reconnaît alors qu'il recouvre des analyses, des acteurs, des histoires et des pratiques multiples aux finalités complémentaires ou différentes, voire antagonistes. Un débat public et démocratique est donc nécessaire !

Pour notre part, les actions que nous menons visent d'une part à établir des rapports les plus équitables possibles pour tous les acteurs de chaque filière économique, et d'autre part à promouvoir un débat permanent, contradictoire et sans tabou, de façon à construire un mouvement d'opinion capable de modifier les règles des échanges commerciaux, notamment internationaux. La réflexion critique est indispensable pour qu'un commerce équitable, condition essentielle d'un véritable développement durable, puisse répondre aux enjeux d'une mondialisation qui ne soit régulée ni par la spéculation financière, la guerre et la misère, ni par la précarité et la faim.


* L'association Minga rassemble une trentaine de structures, dont Andines, ainsi qu'une centaine de personnes. Contact : 6, rue Arnold-Géraux, 93450 L'Ile-Saint-Denis, tél. : 01 48 20 48 60.

(1) « Fast-food et commerce équitable : une drôle d'alliance ? Contrat Max Havelaar-Suisse/McDonald's », Infosud du 14 avril 2003, www.infosud.org.

(2) Voir l'article intitulé « Drôle de partage » (sur l'aide de l'État au commerce équitable, s'élevant à 5,6 millions d'euros, dont 3 pour la seule association Max Havelaar et 2,6 pour 4 autres associations !), Politis du 12 juin 2003.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 04 octobre 2005 16:08

Un salon pour une autre vision du commerce équitable

Equitexpo ouvre ses portes le 1er octobre, sur l'Ile Saint-Denis, pour trois jours d'exposition et de débat, consacrés au commerce équitable. Cet évènement, organisé à l'initiative de l'association Minga a lieu six mois après le Forum national du commerce équitable, organisé lui par Max Havelaar . La juxtaposition de ces deux événements met en lumière les divergences d'approche des acteurs du secteur.

Six mois après le premier Forum national du commerce équitable, organisé par Max Havelaar, une autre grande manifestation dédiée au sujet va se tenir les 1er, 2, 3 et 4 octobre prochain dans l'Ile-Saint-Denis (93). Equitexpo, premier salon international pour un commerce équitable, est organisé par Plaine Commune (communauté de huit agglomérations de Seine-Saint-Denis) et par Minga (association de soutien au développement économique d'un commerce équitable regroupant 70 structures commerciales alternatives).
Sur les 3 000 m2 d'exposition de la Nef de l'île des Vannes, les organisateurs ont réuni une centaine d'exposants (qui représentent 100 millions d'euros de chiffre d'affaire cumulés pour 500 emplois) de différents secteurs d'activités (producteurs de biens et services, structures financières solidaires, médias indépendants, commerçants et distributeurs alternatifs, artisans...) venus de vingt pays différents (Burkina Faso, Colombie, Mali, Italie, France, Brésil, Laos, Népal, Pérou...).
Sept tables rondes des débats, des projections de films, des ateliers thématiques et une soirée festive sont également au programme. Equitexpo, qui espère attirer 15 000 personnes, a réservé les deux dernières journées aux professionnels pour que les commerçants et les collectivités puissent acheter à prix de gros et découvrir les différents acteurs des filières au travers de contacts directs, de débats et d'ateliers.


L'expression d'une crise d'identité

L'organisation de deux événements similaires, en Seine-Saint-Denis, à quelques mois l'un de l'autre est surprenante et fait craindre que la multiplication des actions contribue à brouiller les messages. Cette crainte est balayée avec optimisme par les organisateurs et les partenaires, telle que la DIIES, Délégation interministérielle à l'innovation sociale et à l'économie solidaire qui considèrent qu'il n'y aura jamais trop d'événements pour faire connaître le commerce équitable. A noter que si Minga et Plaine commune espèrent attirer le grand public, Max Havelaar, en avril dernier, avait lui réuni près de 3 000 visiteurs sur deux jours, dont une majorité liée professionnellement au sujet, selon Emmanuelle Cheilan, responsable de la communication.

Alors pourquoi organiser un deuxième événement, dans lequel les acteurs les plus connus du commerce équitable, dont Max Havelaar, ou la plate forme du commerce équitable, ne sont que des partenaires secondaires ? Les acteurs de ce secteur traversent une crise d'identité. Leurs dissenssions portent sur la définition du commerce équitable. Des dissensions sont apparues notamment lors de la tentative (avortée) de publication par l'AFNOR, en mars dernier, d'un fascicule de documentation tenant d'en établir une (lire article lié). Equitexpo apparaît donc comme une opportunité, pour des pensées alternatives, de s'exprimer et de faire réfléchir à ce que commerce équitable veut dire, au sens large. " Max Havelaar a indéniablement permis de faire connaître le commerce équitable, à grand renfort de communication, et ce, entre autres, grâce aux subventions dont il bénéficie, expose Didier Porte, de Minga. Mais aujourd'hui, des pratiques très variées coexistent et l'Etat n'arrive pas à réglementer. Nous, nous défendons la vision d'une démarche économique de filière et non pas une niche commerciale sur une matière première. Le commerce équitable n'est pas un secteur d'activité mais pose des questions de responsabilité sociale et de solidarité, pour plus de justice dans le commerce. "

Minga plaide pour un commerce équitable qui ne soit pas cantonné à une dimension tiers-mondiste Nord-Sud, mais qui s'applique aussi aux producteurs les plus proches, ce qui signifie une remise en cause radicale des règles du commerce national et international. Une vision que Minga sait difficile à faire entendre, alors qu'une loi sur les PME, adoptée pendant l'été 2005, entérine la définition du commerce équitable dans sa dimension de " cause humanitaire ". L'association envisage d'abandonner le terme de commerce équitable, après le salon, pour préférer celui d'économie responsable, ou d'économie juste.


Risque d'une querelle de spécialistes ?

Le salon Equitexpo est donc la vitrine d'exposition d'un courant qui plaide pour une définition plus élargie du commerce équitable. Débats internes ? Max Havelaar, qui se félicite de venir s'expliquer sur ce sujet sur le salon, espère surtout que cela n'ajoutera pas de confusion dans la tête du consommateur, qui commence selon lui a bien connaître le commerce équitable.(74 % des Français connaissent le concept). Du côté des organisateurs, chacun souhaite que ce Salon n'apparaisse pas comme une querelle de spécialistes, mais comme le moyen de faire avancer la connaissance et la réflexion sur ce sujet très important en montrant sa complexité.


source
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 03 octobre 2005 12:37