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L'essor du commerce équitable n'évite pas les dérives

L'essor du commerce équitable n'évite pas les dérives
Commerce, équitable... A priori, deux termes inconciliables si l'on considère la pauvre image du premier en France. Et pourtant le lien commence à se faire. Ainsi, la vente des produits portant le label Max Havelaar - qui se revendique, avec dix-sept ans d'expérience, comme le seul garant d'une démarche véritablement équitable -, a quasi doublé l'an dernier, passant de 70 millions d'euros en 2004 à 120 millions. Une goutte d'eau, certes, au regard des centaines de milliards d'euros de produits vendus dans les grandes surfaces, lesquelles assurent pourtant 90 % du chiffre d'affaires du commerce équitable. Les Centres Leclerc, qui se revendiquent premier distributeur français sur ce créneau, avec 14,3 millions d'euros en 2006 (+ 47,5 %), ne réalisent ainsi que 0,05 % de leur chiffre d'affaires avec ces produits.


Retard et « anomalies » en France


Pourtant, les petits ruisseaux font les grandes rivières, veulent croire les promoteurs de la filière alors que vient de s'ouvrir la 6e Quinzaine du commerce équitable. Au programme, 350 actions dans 114 villes afin de promouvoir à la fois Max Havelaar - selon un sondage Ipsos, en juin 2005, 74 % des Français disaient avoir entendu du commerce équitable, mais 32 % seulement du label en question. Le potentiel est là, estime l'organisation qui relève que la consommation de produits labellisés est de 1,12 euro par an et par habitant en France, contre 3,50 euros aux Pays-Bas ou en Angleterre, et 18 euros chez les Suisses, champions du monde. Encore faut-il que les consommateurs puissent avoir confiance en l'offre, de plus en plus large (jusqu'au textile et à la décoration, lire notre rubrique marketing, page 18). Or, l'explosion du commerce équitable n'évite pas les dérives. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) note ainsi des « anomalies trop fréquentes » chez la moitié des 55 opérateurs contrôlés (centrales, importateurs, distributeurs, associations). « Un bilan pas satisfaisant », juge l'administration qui a constaté pour 11 de ces entités l'absence de document décrivant leur démarche.

Ce constat n'étonne pas Victor Ferreira, le directeur de l'association en France : « Dans la plupart des 21 pays où nous sommes présents, tout le monde sait, quand on parle de commerce équitable, qu'il y a d'un côté le réseau Oxfam-Magasins du monde et de l'autre les produits labellisés Max Havelaar », remarque-t-il. Or, « chez nous, vous aurez plusieurs organisations, c'est typiquement français, sans compter ceux qui surfent sans scrupules sur une mode ». Mais les choses pourraient s'améliorer. Un décret, en préparation, doit fixer la composition de la Commission nationale du commerce équitable, installée par la loi du 2 août 2005 relative aux PME, et définir les critères de reconnaissance après quatre ans de négociations à l'Agence française de normalisation (Afnor).

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# Posté le jeudi 11 mai 2006 00:55

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